« CĂ©line. Parler de lui ? Tout a Ă©tĂ© dit ou presque sur lâĂ©crivain. Quâon lâaime ou quâon le dĂ©teste, il est lĂ . Incontestable, mĂȘme lorsquâil est contestĂ©. Parler pour lui ? Fendre le masque marmorĂ©en du monument, tenter de regarder lâhomme derriĂšre, de capter un filet de voix mourante ? Non, il ne sâagit ni de parler pour lui ou comme lui, mais de parler avec lui. Foin du marbre, de la grande statue dont lâombre elle-mĂȘme est si immense quâelle Ă©crase tout. Chair Ă chair, pour une fois. Se glisser dans les interstices, chercher Ă les remplir comme le ferait un ami venu le visiter en toute humilitĂ©, lâami fĂ»t-il anonyme. Rester au chevet du malade, auquel le temps paraĂźt bien court â et une Ă©ternitĂ©, pourtant. NausĂ©abond, soit. JusquâĂ lâos, parfois. Propre sur lui, rarement.Probe, Ă sa façon, certainement, vulnĂ©rable toujours : CĂ©line, telquâen lui-mĂȘme, tel que je le vois, dans sa nuit, la derniĂšre. » Isabelle Bunisset
« CĂ©line. Parler de lui ? Tout a Ă©tĂ© dit ou presque sur lâĂ©crivain. Quâon lâaime ou quâon le dĂ©teste, il est lĂ . Incontestable, mĂȘme lorsquâil est contestĂ©. Parler pour lui ? Fendre le masque marmorĂ©en du monument, tenter de regarder lâhomme derriĂšre, de capter un filet de voix mourante ? Non, il ne sâagit ni de parler pour lui ou comme lui, mais de parler avec lui. Foin du marbre, de la grande statue dont lâombre elle-mĂȘme est si immense quâelle Ă©crase tout. Chair Ă chair, pour une fois. Se glisser dans les interstices, chercher Ă les remplir comme le ferait un ami venu le visiter en toute humilitĂ©, lâami fĂ»t-il anonyme. Rester au chevet du malade, auquel le temps paraĂźt bien court â et une Ă©ternitĂ©, pourtant. NausĂ©abond, soit. JusquâĂ lâos, parfois. Propre sur lui, rarement.Probe, Ă sa façon, certainement, vulnĂ©rable toujours : CĂ©line, telquâen lui-mĂȘme, tel que je le vois, dans sa nuit, la derniĂšre. » Isabelle Bunisset