« 1863 : si lâon excepte quelque vieille pomme ridĂ©e des Balkans, Ă la cervelle de lait caillĂ©, que je soupçonne par mĂ©chante coquetterie de se vieillir abusivement, je suis sans doute le seul ĂȘtre au monde Ă pouvoir dĂ©clarer quâil a connu, cette annĂ©e-lĂ , lâextrĂȘme douceur du printemps. Certes me fera-t-on remarquer, la saison est coutumiĂšre du fait. Mais, sans trop taquiner ma mĂ©moire, il me semble que lâĂ©poque fut assez exceptionnelle pour que je puisse en tirer quelque vanitĂ©. 1863 ne manqua pas de grandeur, il se trouve que ce fut, Ă©galement, lâannĂ©e de ma naissance, au Congo. » On entend parfois dire que dâune rencontre peut dĂ©pendre le sort dâune vie. Cela ne manqua pas dâĂȘtre vrai pour le perroquet Bizibouzou qui peut affirmer avoir Ă©tĂ© lâami de Stanley en quĂȘte du pasteur Livingstone, avoir partagĂ© lâintimitĂ© du prince de Ligne, avant dâĂȘtre embrasĂ© par sa passion pour Sarah Bernhardt dont il fut le secrĂ©taire et le plus fervent des amoureux. La chronique de cette existence est dâautant plus tendre et cocasse, que notre oiseau, plus que centenaire, est dotĂ© dâun formidable humour et dâune jalousie bien comprĂ©hensible envers la plus cĂ©lĂšbre des comĂ©diennes.
« 1863 : si lâon excepte quelque vieille pomme ridĂ©e des Balkans, Ă la cervelle de lait caillĂ©, que je soupçonne par mĂ©chante coquetterie de se vieillir abusivement, je suis sans doute le seul ĂȘtre au monde Ă pouvoir dĂ©clarer quâil a connu, cette annĂ©e-lĂ , lâextrĂȘme douceur du printemps. Certes me fera-t-on remarquer, la saison est coutumiĂšre du fait. Mais, sans trop taquiner ma mĂ©moire, il me semble que lâĂ©poque fut assez exceptionnelle pour que je puisse en tirer quelque vanitĂ©. 1863 ne manqua pas de grandeur, il se trouve que ce fut, Ă©galement, lâannĂ©e de ma naissance, au Congo. » On entend parfois dire que dâune rencontre peut dĂ©pendre le sort dâune vie. Cela ne manqua pas dâĂȘtre vrai pour le perroquet Bizibouzou qui peut affirmer avoir Ă©tĂ© lâami de Stanley en quĂȘte du pasteur Livingstone, avoir partagĂ© lâintimitĂ© du prince de Ligne, avant dâĂȘtre embrasĂ© par sa passion pour Sarah Bernhardt dont il fut le secrĂ©taire et le plus fervent des amoureux. La chronique de cette existence est dâautant plus tendre et cocasse, que notre oiseau, plus que centenaire, est dotĂ© dâun formidable humour et dâune jalousie bien comprĂ©hensible envers la plus cĂ©lĂšbre des comĂ©diennes.