La moins urgente des rĂ©formes portĂ©es Ă bout de bras jusquâĂ son terme par Martine Aubry pourrait bien bouleverser le paysage social et Ă©conomique, voire renforcer le capitalisme de la bourse. Paradoxalement, câest les petites entreprises (1,2 million dâĂ©tablissements, 5,3 millions de salariĂ©s), auxquelles est accordĂ© un dĂ©lai de deux ans pour se conformer Ă la rĂ©duction de la durĂ©e lĂ©gale du temps de travail, qui en souffriront le plus. DĂ©jĂ passablement dĂ©sorganisĂ© en France, le marchĂ© de lâemploi aura de plus en plus de mal Ă fonctionner comme un marchĂ©. Les conditions de concurrence nây seront pas Ă©gales entre les entreprises (en gĂ©nĂ©ral plus importantes) subventionnĂ©es pour avoir passĂ© un accord avec leur personnel, et les autres. La finalitĂ© est aujourdâhui de pousser les entreprises Ă nĂ©gocier une diminution effective des horaires contre une plus grande flexibilitĂ© dans lâorganisation du travail. Ainsi une rĂ©forme inspirĂ©e par le vieux mythe du partage du travail sâinscrit-elle dans le mouvement de la dĂ©rĂ©glementation qui a dâabord touchĂ© le capital. Le chantier appelait un profond remaniement du Code du travail qui est une fois de plus Ă©ludĂ©. Une meilleure organisation interne du travail amĂšnera-t-elle les entreprises Ă moins faire appel Ă lâintĂ©rim et Ă des embauches Ă temps partiel ? Si tel est le cas, la diminution du temps de travail aura aidĂ© Ă obtenir une amĂ©lioration sur la seule durĂ©e qui importe rĂ©ellement Ă la majoritĂ© des salariĂ©s : celle de leur contrat de travail. Mais la rĂ©ponse nâest pas Ă©vidente. La compression de la masse salariale sera plus que jamais Ă lâordre du jour. ProgrĂšs techniques et instabilitĂ© Ă©conomique concourent Ă rendre plus difficile la maĂźtrise de son propre temps. La tentative de rĂ©habilitation dâune norme collective sâappliquant Ă la durĂ©e du travail traduit Ă sa maniĂšre le malaise qui en dĂ©coule. Ă terme, câest la relation des Français au temps qui est remise en question.
La moins urgente des rĂ©formes portĂ©es Ă bout de bras jusquâĂ son terme par Martine Aubry pourrait bien bouleverser le paysage social et Ă©conomique, voire renforcer le capitalisme de la bourse. Paradoxalement, câest les petites entreprises (1,2 million dâĂ©tablissements, 5,3 millions de salariĂ©s), auxquelles est accordĂ© un dĂ©lai de deux ans pour se conformer Ă la rĂ©duction de la durĂ©e lĂ©gale du temps de travail, qui en souffriront le plus. DĂ©jĂ passablement dĂ©sorganisĂ© en France, le marchĂ© de lâemploi aura de plus en plus de mal Ă fonctionner comme un marchĂ©. Les conditions de concurrence nây seront pas Ă©gales entre les entreprises (en gĂ©nĂ©ral plus importantes) subventionnĂ©es pour avoir passĂ© un accord avec leur personnel, et les autres. La finalitĂ© est aujourdâhui de pousser les entreprises Ă nĂ©gocier une diminution effective des horaires contre une plus grande flexibilitĂ© dans lâorganisation du travail. Ainsi une rĂ©forme inspirĂ©e par le vieux mythe du partage du travail sâinscrit-elle dans le mouvement de la dĂ©rĂ©glementation qui a dâabord touchĂ© le capital. Le chantier appelait un profond remaniement du Code du travail qui est une fois de plus Ă©ludĂ©. Une meilleure organisation interne du travail amĂšnera-t-elle les entreprises Ă moins faire appel Ă lâintĂ©rim et Ă des embauches Ă temps partiel ? Si tel est le cas, la diminution du temps de travail aura aidĂ© Ă obtenir une amĂ©lioration sur la seule durĂ©e qui importe rĂ©ellement Ă la majoritĂ© des salariĂ©s : celle de leur contrat de travail. Mais la rĂ©ponse nâest pas Ă©vidente. La compression de la masse salariale sera plus que jamais Ă lâordre du jour. ProgrĂšs techniques et instabilitĂ© Ă©conomique concourent Ă rendre plus difficile la maĂźtrise de son propre temps. La tentative de rĂ©habilitation dâune norme collective sâappliquant Ă la durĂ©e du travail traduit Ă sa maniĂšre le malaise qui en dĂ©coule. Ă terme, câest la relation des Français au temps qui est remise en question.