Le massacre collectif des Juifs de Jedwabne dans le courant de lâĂ©tĂ© 1941 rouvre le dossier de lâhistoriographie des relations entre Polonais et Juifs au cours de la Seconde Guerre mondiale. Il faut mettre de cĂŽtĂ© les sĂ©datifs administrĂ©s depuis plus de cinquante ans par les historiens et les journalistes. Il est tout simplement inexact que les Juifs massacrĂ©s en Pologne au cours de la guerre lâaient Ă©tĂ© uniquement par les Allemands, Ă lâoccasion assistĂ©s dans lâexĂ©cution de leur besogne macabre par des formations dâauxiliaires de police essentiellement composĂ©es de Lettons, dâUkrainiens et autres « Kalmouks », pour ne dire mot des lĂ©gendaires « boucs Ă©missaires » que chacun fustigeait parce quâil nâĂ©tait pas facile dâassumer la responsabilitĂ© de ce quâil avait fait â les szmalcowniks, les extorqueurs qui se firent une spĂ©cialitĂ© de faire chanter les Juifs essayant de vivre dans la clandestinitĂ©. En les dĂ©signant comme coupables, les historiens et autres ont trouvĂ© commode de clore ce chapitre et dâexpliquer que toute sociĂ©tĂ© a sa « lie », quâil ne sâagissait que dâune poignĂ©e de « marginaux » et que, de toute maniĂšre, des cours clandestines sâoccupĂšrent dâeux. [âŠ] En vĂ©ritĂ©, il nous faut repenser lâhistoire polonaise de la guerre et de lâaprĂšs-guerre, mais aussi réévaluer certains thĂšmes interprĂ©tatifs largement acceptĂ©s comme explications des faits, attitudes et institutions de ces annĂ©es-lĂ .
Le massacre collectif des Juifs de Jedwabne dans le courant de lâĂ©tĂ© 1941 rouvre le dossier de lâhistoriographie des relations entre Polonais et Juifs au cours de la Seconde Guerre mondiale. Il faut mettre de cĂŽtĂ© les sĂ©datifs administrĂ©s depuis plus de cinquante ans par les historiens et les journalistes. Il est tout simplement inexact que les Juifs massacrĂ©s en Pologne au cours de la guerre lâaient Ă©tĂ© uniquement par les Allemands, Ă lâoccasion assistĂ©s dans lâexĂ©cution de leur besogne macabre par des formations dâauxiliaires de police essentiellement composĂ©es de Lettons, dâUkrainiens et autres « Kalmouks », pour ne dire mot des lĂ©gendaires « boucs Ă©missaires » que chacun fustigeait parce quâil nâĂ©tait pas facile dâassumer la responsabilitĂ© de ce quâil avait fait â les szmalcowniks, les extorqueurs qui se firent une spĂ©cialitĂ© de faire chanter les Juifs essayant de vivre dans la clandestinitĂ©. En les dĂ©signant comme coupables, les historiens et autres ont trouvĂ© commode de clore ce chapitre et dâexpliquer que toute sociĂ©tĂ© a sa « lie », quâil ne sâagissait que dâune poignĂ©e de « marginaux » et que, de toute maniĂšre, des cours clandestines sâoccupĂšrent dâeux. [âŠ] En vĂ©ritĂ©, il nous faut repenser lâhistoire polonaise de la guerre et de lâaprĂšs-guerre, mais aussi réévaluer certains thĂšmes interprĂ©tatifs largement acceptĂ©s comme explications des faits, attitudes et institutions de ces annĂ©es-lĂ .