Le Grand Meaulnes - Alain Fournier

By Alain Fournier

Release Date: 2019-11-29

Genre: Action & Adventure

(0 ratings)
Le Grand Meaulnes est l’unique roman d’Alain-Fournier, publiĂ© en 1913. Le roman retrace l’histoire d’Augustin Meaulnes, racontĂ©e par son ancien camarade de classe, François Seurel, devenu son ami. François Seurel et Augustin Meaulnes sont tous deux Ă©coliers dans un petit village de Sologne prĂšs de Vierzon. Lors d’une escapade, Augustin Meaulnes arrive par hasard dans un domaine mystĂ©rieux oĂč se dĂ©roule une fĂȘte Ă©trange et poĂ©tique, pleine d’enfants. Le chĂąteau est bruissant de jeux, de danses et de mascarades. Meaulnes apprend que cette fĂȘte est donnĂ©e Ă  l’occasion des noces de Frantz de Galais. Meaulnes y rencontre une jeune fille, Yvonne, dont il tombe instantanĂ©ment amoureux.
|Wikipédia|
Extrait
| CHAPITRE PREMIER
LE PENSIONNAIRE
Il arriva chez nous un dimanche de novembre 189

Je continue Ă  dire « chez nous Â», bien que la maison ne nous appartienne plus. Nous avons quittĂ© le pays depuis bientĂŽt quinze ans et nous n’y reviendrons certainement jamais.
Nous habitions les bĂątiments du Cours SupĂ©rieur de Sainte-Agathe. Mon pĂšre, que j’appelais M. Seurel, comme les autres Ă©lĂšves, y dirigeait Ă  la fois le Cours SupĂ©rieur, oĂč l’on prĂ©parait le brevet d’instituteur, et le Cours Moyen. Ma mĂšre faisait la petite classe.
Une longue maison rouge, avec cinq portes vitrĂ©es, sous des vignes vierges, Ă  l’extrĂ©mitĂ© du bourg ; une cour immense avec prĂ©aux et buanderie, qui ouvrait en avant sur le village par un grand portail ; sur le cĂŽtĂ© nord, la route oĂč donnait une petite grille et qui menait vers La Gare, Ă  trois kilomĂštres ; au sud et par derriĂšre, des champs, des jardins et des prĂ©s qui rejoignaient les faubourgs
 tel est le plan sommaire de cette demeure oĂč s’écoulĂšrent les jours les plus tourmentĂ©s et les plus chers de ma vie — demeure d’oĂč partirent et oĂč revinrent se briser, comme des vagues sur un rocher dĂ©sert, nos aventures.
Le hasard des « changements Â», une dĂ©cision d’inspecteur ou de prĂ©fet nous avaient conduits lĂ . Vers la fin des vacances, il y a bien longtemps, une voiture de paysan, qui prĂ©cĂ©dait notre mĂ©nage, nous avait dĂ©posĂ©s, ma mĂšre et moi, devant la petite grille rouillĂ©e. Des gamins qui volaient des pĂȘches dans le jardin s’étaient enfuis silencieusement par les trous de la haie
 Ma mĂšre, que nous appelions Millie, et qui Ă©tait bien la mĂ©nagĂšre la plus mĂ©thodique que j’aie jamais connue, Ă©tait entrĂ©e aussitĂŽt dans les piĂšces remplies de paille poussiĂ©reuse, et tout de suite elle avait constatĂ© avec dĂ©sespoir, comme Ă  chaque « dĂ©placement Â», que nos meubles ne tiendraient jamais dans une maison si mal construite
 Elle Ă©tait sortie pour me confier sa dĂ©tresse. Tout en me parlant, elle avait essuyĂ© doucement avec son mouchoir ma figure d’enfant noircie par le voyage...|

Le Grand Meaulnes - Alain Fournier

By Alain Fournier

Release Date: 2019-11-29

Genre: Action & Adventure

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Le Grand Meaulnes est l’unique roman d’Alain-Fournier, publiĂ© en 1913. Le roman retrace l’histoire d’Augustin Meaulnes, racontĂ©e par son ancien camarade de classe, François Seurel, devenu son ami. François Seurel et Augustin Meaulnes sont tous deux Ă©coliers dans un petit village de Sologne prĂšs de Vierzon. Lors d’une escapade, Augustin Meaulnes arrive par hasard dans un domaine mystĂ©rieux oĂč se dĂ©roule une fĂȘte Ă©trange et poĂ©tique, pleine d’enfants. Le chĂąteau est bruissant de jeux, de danses et de mascarades. Meaulnes apprend que cette fĂȘte est donnĂ©e Ă  l’occasion des noces de Frantz de Galais. Meaulnes y rencontre une jeune fille, Yvonne, dont il tombe instantanĂ©ment amoureux.
|Wikipédia|
Extrait
| CHAPITRE PREMIER
LE PENSIONNAIRE
Il arriva chez nous un dimanche de novembre 189

Je continue Ă  dire « chez nous Â», bien que la maison ne nous appartienne plus. Nous avons quittĂ© le pays depuis bientĂŽt quinze ans et nous n’y reviendrons certainement jamais.
Nous habitions les bĂątiments du Cours SupĂ©rieur de Sainte-Agathe. Mon pĂšre, que j’appelais M. Seurel, comme les autres Ă©lĂšves, y dirigeait Ă  la fois le Cours SupĂ©rieur, oĂč l’on prĂ©parait le brevet d’instituteur, et le Cours Moyen. Ma mĂšre faisait la petite classe.
Une longue maison rouge, avec cinq portes vitrĂ©es, sous des vignes vierges, Ă  l’extrĂ©mitĂ© du bourg ; une cour immense avec prĂ©aux et buanderie, qui ouvrait en avant sur le village par un grand portail ; sur le cĂŽtĂ© nord, la route oĂč donnait une petite grille et qui menait vers La Gare, Ă  trois kilomĂštres ; au sud et par derriĂšre, des champs, des jardins et des prĂ©s qui rejoignaient les faubourgs
 tel est le plan sommaire de cette demeure oĂč s’écoulĂšrent les jours les plus tourmentĂ©s et les plus chers de ma vie — demeure d’oĂč partirent et oĂč revinrent se briser, comme des vagues sur un rocher dĂ©sert, nos aventures.
Le hasard des « changements Â», une dĂ©cision d’inspecteur ou de prĂ©fet nous avaient conduits lĂ . Vers la fin des vacances, il y a bien longtemps, une voiture de paysan, qui prĂ©cĂ©dait notre mĂ©nage, nous avait dĂ©posĂ©s, ma mĂšre et moi, devant la petite grille rouillĂ©e. Des gamins qui volaient des pĂȘches dans le jardin s’étaient enfuis silencieusement par les trous de la haie
 Ma mĂšre, que nous appelions Millie, et qui Ă©tait bien la mĂ©nagĂšre la plus mĂ©thodique que j’aie jamais connue, Ă©tait entrĂ©e aussitĂŽt dans les piĂšces remplies de paille poussiĂ©reuse, et tout de suite elle avait constatĂ© avec dĂ©sespoir, comme Ă  chaque « dĂ©placement Â», que nos meubles ne tiendraient jamais dans une maison si mal construite
 Elle Ă©tait sortie pour me confier sa dĂ©tresse. Tout en me parlant, elle avait essuyĂ© doucement avec son mouchoir ma figure d’enfant noircie par le voyage...|

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