Le Grand Meaulnes est lâunique roman dâAlain-Fournier, publiĂ© en 1913. Le roman retrace lâhistoire dâAugustin Meaulnes, racontĂ©e par son ancien camarade de classe, François Seurel, devenu son ami. François Seurel et Augustin Meaulnes sont tous deux Ă©coliers dans un petit village de Sologne prĂšs de Vierzon. Lors dâune escapade, Augustin Meaulnes arrive par hasard dans un domaine mystĂ©rieux oĂč se dĂ©roule une fĂȘte Ă©trange et poĂ©tique, pleine dâenfants. Le chĂąteau est bruissant de jeux, de danses et de mascarades. Meaulnes apprend que cette fĂȘte est donnĂ©e Ă lâoccasion des noces de Frantz de Galais. Meaulnes y rencontre une jeune fille, Yvonne, dont il tombe instantanĂ©ment amoureux.|WikipĂ©dia|Extrait| CHAPITRE PREMIERLE PENSIONNAIREIl arriva chez nous un dimanche de novembre 189âŠJe continue Ă dire « chez nous », bien que la maison ne nous appartienne plus. Nous avons quittĂ© le pays depuis bientĂŽt quinze ans et nous nây reviendrons certainement jamais.Nous habitions les bĂątiments du Cours SupĂ©rieur de Sainte-Agathe. Mon pĂšre, que jâappelais M. Seurel, comme les autres Ă©lĂšves, y dirigeait Ă la fois le Cours SupĂ©rieur, oĂč lâon prĂ©parait le brevet dâinstituteur, et le Cours Moyen. Ma mĂšre faisait la petite classe.Une longue maison rouge, avec cinq portes vitrĂ©es, sous des vignes vierges, Ă lâextrĂ©mitĂ© du bourg ; une cour immense avec prĂ©aux et buanderie, qui ouvrait en avant sur le village par un grand portail ; sur le cĂŽtĂ© nord, la route oĂč donnait une petite grille et qui menait vers La Gare, Ă trois kilomĂštres ; au sud et par derriĂšre, des champs, des jardins et des prĂ©s qui rejoignaient les faubourgs⊠tel est le plan sommaire de cette demeure oĂč sâĂ©coulĂšrent les jours les plus tourmentĂ©s et les plus chers de ma vie â demeure dâoĂč partirent et oĂč revinrent se briser, comme des vagues sur un rocher dĂ©sert, nos aventures.Le hasard des « changements », une dĂ©cision dâinspecteur ou de prĂ©fet nous avaient conduits lĂ . Vers la fin des vacances, il y a bien longtemps, une voiture de paysan, qui prĂ©cĂ©dait notre mĂ©nage, nous avait dĂ©posĂ©s, ma mĂšre et moi, devant la petite grille rouillĂ©e. Des gamins qui volaient des pĂȘches dans le jardin sâĂ©taient enfuis silencieusement par les trous de la haie⊠Ma mĂšre, que nous appelions Millie, et qui Ă©tait bien la mĂ©nagĂšre la plus mĂ©thodique que jâaie jamais connue, Ă©tait entrĂ©e aussitĂŽt dans les piĂšces remplies de paille poussiĂ©reuse, et tout de suite elle avait constatĂ© avec dĂ©sespoir, comme Ă chaque « dĂ©placement », que nos meubles ne tiendraient jamais dans une maison si mal construite⊠Elle Ă©tait sortie pour me confier sa dĂ©tresse. Tout en me parlant, elle avait essuyĂ© doucement avec son mouchoir ma figure dâenfant noircie par le voyage...|
Le Grand Meaulnes est lâunique roman dâAlain-Fournier, publiĂ© en 1913. Le roman retrace lâhistoire dâAugustin Meaulnes, racontĂ©e par son ancien camarade de classe, François Seurel, devenu son ami. François Seurel et Augustin Meaulnes sont tous deux Ă©coliers dans un petit village de Sologne prĂšs de Vierzon. Lors dâune escapade, Augustin Meaulnes arrive par hasard dans un domaine mystĂ©rieux oĂč se dĂ©roule une fĂȘte Ă©trange et poĂ©tique, pleine dâenfants. Le chĂąteau est bruissant de jeux, de danses et de mascarades. Meaulnes apprend que cette fĂȘte est donnĂ©e Ă lâoccasion des noces de Frantz de Galais. Meaulnes y rencontre une jeune fille, Yvonne, dont il tombe instantanĂ©ment amoureux.|WikipĂ©dia|Extrait| CHAPITRE PREMIERLE PENSIONNAIREIl arriva chez nous un dimanche de novembre 189âŠJe continue Ă dire « chez nous », bien que la maison ne nous appartienne plus. Nous avons quittĂ© le pays depuis bientĂŽt quinze ans et nous nây reviendrons certainement jamais.Nous habitions les bĂątiments du Cours SupĂ©rieur de Sainte-Agathe. Mon pĂšre, que jâappelais M. Seurel, comme les autres Ă©lĂšves, y dirigeait Ă la fois le Cours SupĂ©rieur, oĂč lâon prĂ©parait le brevet dâinstituteur, et le Cours Moyen. Ma mĂšre faisait la petite classe.Une longue maison rouge, avec cinq portes vitrĂ©es, sous des vignes vierges, Ă lâextrĂ©mitĂ© du bourg ; une cour immense avec prĂ©aux et buanderie, qui ouvrait en avant sur le village par un grand portail ; sur le cĂŽtĂ© nord, la route oĂč donnait une petite grille et qui menait vers La Gare, Ă trois kilomĂštres ; au sud et par derriĂšre, des champs, des jardins et des prĂ©s qui rejoignaient les faubourgs⊠tel est le plan sommaire de cette demeure oĂč sâĂ©coulĂšrent les jours les plus tourmentĂ©s et les plus chers de ma vie â demeure dâoĂč partirent et oĂč revinrent se briser, comme des vagues sur un rocher dĂ©sert, nos aventures.Le hasard des « changements », une dĂ©cision dâinspecteur ou de prĂ©fet nous avaient conduits lĂ . Vers la fin des vacances, il y a bien longtemps, une voiture de paysan, qui prĂ©cĂ©dait notre mĂ©nage, nous avait dĂ©posĂ©s, ma mĂšre et moi, devant la petite grille rouillĂ©e. Des gamins qui volaient des pĂȘches dans le jardin sâĂ©taient enfuis silencieusement par les trous de la haie⊠Ma mĂšre, que nous appelions Millie, et qui Ă©tait bien la mĂ©nagĂšre la plus mĂ©thodique que jâaie jamais connue, Ă©tait entrĂ©e aussitĂŽt dans les piĂšces remplies de paille poussiĂ©reuse, et tout de suite elle avait constatĂ© avec dĂ©sespoir, comme Ă chaque « dĂ©placement », que nos meubles ne tiendraient jamais dans une maison si mal construite⊠Elle Ă©tait sortie pour me confier sa dĂ©tresse. Tout en me parlant, elle avait essuyĂ© doucement avec son mouchoir ma figure dâenfant noircie par le voyage...|