Dans les dialogues imaginĂ©s par Platon, Socrate ne cesse dâinvoquer le bien. Quâest-ce qui se cache ainsi derriĂšre le nom du bien chez Platon ? Est-ce la justice, la « vertu » ? Un dieu ? Le monde en sa belle « Ăąme » ? Dieu lui-mĂȘme ou alors, Ă lâopposĂ©, lâĂ©motion du plaisir ? Ă ce problĂšme, Luc Marie Nodier rĂ©pond avec une passion insolite, et aussi quelque insolence si on considĂšre Ă quel point les lectures reçues de Platon esquivent cette question. MalgrĂ© â ou plutĂŽt Ă cause de â son dessein critique, son enquĂȘte vise dâabord la reconstitution dâune thĂ©orie platonicienne de la douleur et du plaisir, rarement perçue avec clartĂ©, dont il est montrĂ© quâelle est Ă la fois plus cohĂ©rente et plus digne dâĂȘtre interrogĂ©e quâil nâa semblĂ© jusquâici. Elle peut, en outre, servir de prĂ©paration et dâincitation au renouveau de la pensĂ©e athĂ©ologique. Si cet ouvrage Ă©tonnamment Ă©crit paraĂźt dans une collection vouĂ©e aux sciences sociales, câest parce que ces derniĂšres, qui se croient Ă mille lieues de la philosophie et de Platon, feraient bien de sâinterroger Ă propos de cette mĂ©ditation. Car que veulent-elles dire lorsque, analysant la sociĂ©tĂ©, elles mettent en avant des sujets supposĂ©s rationnels, qui chercheraient Ă maximiser leur satisfaction ? Ne prĂ©supposent-elles pas ainsi quâon cherche toujours son bien ? Mais comment le trouver si nous ignorons tout de la nature du bien ?
Dans les dialogues imaginĂ©s par Platon, Socrate ne cesse dâinvoquer le bien. Quâest-ce qui se cache ainsi derriĂšre le nom du bien chez Platon ? Est-ce la justice, la « vertu » ? Un dieu ? Le monde en sa belle « Ăąme » ? Dieu lui-mĂȘme ou alors, Ă lâopposĂ©, lâĂ©motion du plaisir ? Ă ce problĂšme, Luc Marie Nodier rĂ©pond avec une passion insolite, et aussi quelque insolence si on considĂšre Ă quel point les lectures reçues de Platon esquivent cette question. MalgrĂ© â ou plutĂŽt Ă cause de â son dessein critique, son enquĂȘte vise dâabord la reconstitution dâune thĂ©orie platonicienne de la douleur et du plaisir, rarement perçue avec clartĂ©, dont il est montrĂ© quâelle est Ă la fois plus cohĂ©rente et plus digne dâĂȘtre interrogĂ©e quâil nâa semblĂ© jusquâici. Elle peut, en outre, servir de prĂ©paration et dâincitation au renouveau de la pensĂ©e athĂ©ologique. Si cet ouvrage Ă©tonnamment Ă©crit paraĂźt dans une collection vouĂ©e aux sciences sociales, câest parce que ces derniĂšres, qui se croient Ă mille lieues de la philosophie et de Platon, feraient bien de sâinterroger Ă propos de cette mĂ©ditation. Car que veulent-elles dire lorsque, analysant la sociĂ©tĂ©, elles mettent en avant des sujets supposĂ©s rationnels, qui chercheraient Ă maximiser leur satisfaction ? Ne prĂ©supposent-elles pas ainsi quâon cherche toujours son bien ? Mais comment le trouver si nous ignorons tout de la nature du bien ?