La manifestation de rue est une pratique minoritaire, antinomique au systĂšme parlementaire, longtemps dĂ©pourvue de tout statut juridique et qui ne doit quâau vocable populaire de « manif » de sâĂȘtre tardivement dotĂ©e dâune dĂ©nomination non polysĂ©mique. Et pourtant, plus de 15 000 manifestations recensĂ©es en France mĂ©tropolitaine cinquante annĂ©es durant, une assise sociale, politique et gĂ©ographique potentiellement sans limite, des pĂ©riodes de basses eaux mais jamais de disparition prolongĂ©e, pas mĂȘme durant la guerre ou sous lâOccupation et une incontournable donnĂ©e de lâhistoire politique et sociale contemporaine. Câest de ce paradoxe que cette histoire des manifestations de rue tente de rendre compte. Il sâagit de sâinterroger sur la permanence du phĂ©nomĂšne, son poids, son extension politique, sociale et gĂ©ographique et leur pourquoi ; sur ce qui range la manifestation au nombre des causes pour la dĂ©fense desquelles se mĂšnent, parfois, des batailles. Que signifie le fait de privilĂ©gier parfois pareille forme dâaction quand le droit de grĂšve et le suffrage universel peuvent (et doivent), en droit, suffire Ă tout ? Comment, pourquoi et avec quel rĂ©sultat cette pratique qui est constitutivement la nĂ©gation du systĂšme parlementaire finit-elle par sâimposer ? Comment le rĂ©gime politique rĂ©ussit-il Ă lâacclimater ? Avec quelles consĂ©quences ?
La manifestation de rue est une pratique minoritaire, antinomique au systĂšme parlementaire, longtemps dĂ©pourvue de tout statut juridique et qui ne doit quâau vocable populaire de « manif » de sâĂȘtre tardivement dotĂ©e dâune dĂ©nomination non polysĂ©mique. Et pourtant, plus de 15 000 manifestations recensĂ©es en France mĂ©tropolitaine cinquante annĂ©es durant, une assise sociale, politique et gĂ©ographique potentiellement sans limite, des pĂ©riodes de basses eaux mais jamais de disparition prolongĂ©e, pas mĂȘme durant la guerre ou sous lâOccupation et une incontournable donnĂ©e de lâhistoire politique et sociale contemporaine. Câest de ce paradoxe que cette histoire des manifestations de rue tente de rendre compte. Il sâagit de sâinterroger sur la permanence du phĂ©nomĂšne, son poids, son extension politique, sociale et gĂ©ographique et leur pourquoi ; sur ce qui range la manifestation au nombre des causes pour la dĂ©fense desquelles se mĂšnent, parfois, des batailles. Que signifie le fait de privilĂ©gier parfois pareille forme dâaction quand le droit de grĂšve et le suffrage universel peuvent (et doivent), en droit, suffire Ă tout ? Comment, pourquoi et avec quel rĂ©sultat cette pratique qui est constitutivement la nĂ©gation du systĂšme parlementaire finit-elle par sâimposer ? Comment le rĂ©gime politique rĂ©ussit-il Ă lâacclimater ? Avec quelles consĂ©quences ?