Au sortir de la PremiĂšre Guerre mondiale, Maurice Genevoix est loin dâĂȘtre considĂ©rĂ© comme le reprĂ©sentant des Poilus. Ă lâĂ©poque, et durant tout lâentre-deux-guerres, câest Henri Barbusse, lâauteur du Feu, qui incarne le rĂŽle de porte-parole des combattants. Prix Goncourt 1916, scandale littĂ©raire ayant soulevĂ© des passions contraires, Le Feu est un choc, un livre suffocant qui, pour la premiĂšre fois, raconte le quotidien des tranchĂ©es sans rien dissimuler des souffrances des soldats. Profitant de cette exposition, Barbusse sâengage en politique, embrasse les combats du pacifisme et du communisme, suscite critiques ou admiration. Genevoix, lui, enfermĂ© dans lâĂ©tiquette rĂ©gionaliste, se tient pour sa part Ă lâĂ©cart du tumulte du monde, prĂ©fĂšre les parties de pĂȘche et les promenades au bord de la Loire et construit sa rĂ©putation littĂ©raire en dehors du tĂ©moignage, avec notamment Raboliot. Pourtant, aujourdâhui, la fortune de la gloire littĂ©raire sâinverse : avec ses cinq ouvrages de souvenirs rassemblĂ©s dans Ceux de 14 et sa panthĂ©onisation, Genevoix prend sa revanche sur Barbusse, le prophĂšte dĂ©couronnĂ©.Comment cela a-t-il Ă©tĂ© possible ?Maurice Genevoix et Henri Barbusse : leur histoire raconte un siĂšcle dâaffrontement littĂ©raire autour du tĂ©moignage et de la mĂ©moire de la guerre, entre roman et rĂ©cit, hĂ©roĂŻsation et victimisation â deux regards sur la Grande Guerre, deux visions de la vĂ©ritĂ©.
Au sortir de la PremiĂšre Guerre mondiale, Maurice Genevoix est loin dâĂȘtre considĂ©rĂ© comme le reprĂ©sentant des Poilus. Ă lâĂ©poque, et durant tout lâentre-deux-guerres, câest Henri Barbusse, lâauteur du Feu, qui incarne le rĂŽle de porte-parole des combattants. Prix Goncourt 1916, scandale littĂ©raire ayant soulevĂ© des passions contraires, Le Feu est un choc, un livre suffocant qui, pour la premiĂšre fois, raconte le quotidien des tranchĂ©es sans rien dissimuler des souffrances des soldats. Profitant de cette exposition, Barbusse sâengage en politique, embrasse les combats du pacifisme et du communisme, suscite critiques ou admiration. Genevoix, lui, enfermĂ© dans lâĂ©tiquette rĂ©gionaliste, se tient pour sa part Ă lâĂ©cart du tumulte du monde, prĂ©fĂšre les parties de pĂȘche et les promenades au bord de la Loire et construit sa rĂ©putation littĂ©raire en dehors du tĂ©moignage, avec notamment Raboliot. Pourtant, aujourdâhui, la fortune de la gloire littĂ©raire sâinverse : avec ses cinq ouvrages de souvenirs rassemblĂ©s dans Ceux de 14 et sa panthĂ©onisation, Genevoix prend sa revanche sur Barbusse, le prophĂšte dĂ©couronnĂ©.Comment cela a-t-il Ă©tĂ© possible ?Maurice Genevoix et Henri Barbusse : leur histoire raconte un siĂšcle dâaffrontement littĂ©raire autour du tĂ©moignage et de la mĂ©moire de la guerre, entre roman et rĂ©cit, hĂ©roĂŻsation et victimisation â deux regards sur la Grande Guerre, deux visions de la vĂ©ritĂ©.