Plus de deux mois sâĂ©coulĂšrent avant que des Esseintes pĂ»t sâimmerger dans le silencieux repos de sa maison de Fontenay; des achats de toute sorte lâobligeaient Ă dĂ©ambuler encore dans Paris, Ă battre la ville dâun bout Ă lâautre. Et pourtant Ă quelles perquisitions nâavait-il pas eu recours, Ă quelles mĂ©ditations ne sâĂ©tait-il point livrĂ©, avant que de confier son logement aux tapissiers ! Il Ă©tait depuis longtemps expert aux sincĂ©ritĂ©s et aux faux-fuyants des tons. Jadis, alors quâil recevait chez lui des femmes, il avait composĂ© un boudoir oĂč, au milieu des petits meubles sculptĂ©s dans le pĂąle camphrier du Japon, sous une espĂšce de tente en satin rose des Indes, les chairs se coloraient doucement aux lumiĂšres apprĂȘtĂ©es que blutait lâĂ©toffe.
Plus de deux mois sâĂ©coulĂšrent avant que des Esseintes pĂ»t sâimmerger dans le silencieux repos de sa maison de Fontenay; des achats de toute sorte lâobligeaient Ă dĂ©ambuler encore dans Paris, Ă battre la ville dâun bout Ă lâautre. Et pourtant Ă quelles perquisitions nâavait-il pas eu recours, Ă quelles mĂ©ditations ne sâĂ©tait-il point livrĂ©, avant que de confier son logement aux tapissiers ! Il Ă©tait depuis longtemps expert aux sincĂ©ritĂ©s et aux faux-fuyants des tons. Jadis, alors quâil recevait chez lui des femmes, il avait composĂ© un boudoir oĂč, au milieu des petits meubles sculptĂ©s dans le pĂąle camphrier du Japon, sous une espĂšce de tente en satin rose des Indes, les chairs se coloraient doucement aux lumiĂšres apprĂȘtĂ©es que blutait lâĂ©toffe.