C'est juste aprĂšs avoir terminĂ© un de ses chefs-d'oeuvre, 81/2, que Federico Fellini, au sommet de sa gloire, se lance dans le plus ambitieux de ses projets : Le Voyage de G. Mastorna. GĂ©nial, mais dĂ©mesurĂ© et coĂ»teux, le film ne verra jamais le jour et restera le grand regret de Fellini. De rares traces subsistent nĂ©anmoins : des essais de Mastroianni pour le rĂŽle-titre, quelques photos de tournage et un synopsis magnifique, Ă©crit en collaboration avec Dino Buzzati et Brunello Rondi. On le lit comme le plus excitant des thrillers mĂ©taphysiques. Fellini y met en scĂšne son double fantasmĂ©, un violoncelliste catapultĂ© dans une sorte de ville-limbes, variante onirique et dĂ©lirante de la rĂ©alitĂ© terrestre. Il nous offre une OdyssĂ©e moderne dans un au-delĂ laĂŻc, " immanent " et terriblement humain, comme une rĂ©ponse inspirĂ©e Ă Dante et Ă sa Divine ComĂ©die. LivrĂ© Ă lui-mĂȘme, totalement perdu, G. Mastorna devra endurer les pires Ă©preuves pour se libĂ©rer de ses interprĂ©tations erronĂ©es de la vie, retrouver une identitĂ©, une destination et, enfin, la paix. Ce rĂ©cit, inĂ©dit en France, recĂšle tout le gĂ©nie du rĂ©alisateur et se rĂ©vĂšle dĂ©bordant de surprises et d'inventions : une hypergare avec des trains hauts comme des immeubles, un quartier composĂ© uniquement de centaines de temples de toutes les confessions de la planĂšte, des morts qui, Ă l'heure du thĂ©, sortent de leurs tombes pour recevoir leurs parents, une fĂȘte macabre oĂč les trĂ©passĂ©s s'amusent Ă se jeter d'une terrasse pour fĂȘter la libĂ©ration de la grande peur, autant d'Ă©lĂ©ments qui font de ce synopsis l'incarnation mĂȘme de la mythologie fellinienne. Avec ce texte exceptionnel, qui Ă©voque Le ProcĂšs de Kafka, Fellini se rĂ©vĂšle un Ă©crivain formidable Ă la langue puissante et raffinĂ©e. On sort de ce voyage vertigineux au pays des morts abasourdi et rassĂ©rĂ©nĂ© par cette magnifique rĂ©flexion mĂ©taphorique sur l'au-delĂ . Federico Fellini est rĂ©alisateur et scĂ©nariste. Il est nĂ© Ă Rimini le 20 janvier 1920 et dĂ©cĂ©dĂ© Ă Rome le 31 octobre 1993.
C'est juste aprĂšs avoir terminĂ© un de ses chefs-d'oeuvre, 81/2, que Federico Fellini, au sommet de sa gloire, se lance dans le plus ambitieux de ses projets : Le Voyage de G. Mastorna. GĂ©nial, mais dĂ©mesurĂ© et coĂ»teux, le film ne verra jamais le jour et restera le grand regret de Fellini. De rares traces subsistent nĂ©anmoins : des essais de Mastroianni pour le rĂŽle-titre, quelques photos de tournage et un synopsis magnifique, Ă©crit en collaboration avec Dino Buzzati et Brunello Rondi. On le lit comme le plus excitant des thrillers mĂ©taphysiques. Fellini y met en scĂšne son double fantasmĂ©, un violoncelliste catapultĂ© dans une sorte de ville-limbes, variante onirique et dĂ©lirante de la rĂ©alitĂ© terrestre. Il nous offre une OdyssĂ©e moderne dans un au-delĂ laĂŻc, " immanent " et terriblement humain, comme une rĂ©ponse inspirĂ©e Ă Dante et Ă sa Divine ComĂ©die. LivrĂ© Ă lui-mĂȘme, totalement perdu, G. Mastorna devra endurer les pires Ă©preuves pour se libĂ©rer de ses interprĂ©tations erronĂ©es de la vie, retrouver une identitĂ©, une destination et, enfin, la paix. Ce rĂ©cit, inĂ©dit en France, recĂšle tout le gĂ©nie du rĂ©alisateur et se rĂ©vĂšle dĂ©bordant de surprises et d'inventions : une hypergare avec des trains hauts comme des immeubles, un quartier composĂ© uniquement de centaines de temples de toutes les confessions de la planĂšte, des morts qui, Ă l'heure du thĂ©, sortent de leurs tombes pour recevoir leurs parents, une fĂȘte macabre oĂč les trĂ©passĂ©s s'amusent Ă se jeter d'une terrasse pour fĂȘter la libĂ©ration de la grande peur, autant d'Ă©lĂ©ments qui font de ce synopsis l'incarnation mĂȘme de la mythologie fellinienne. Avec ce texte exceptionnel, qui Ă©voque Le ProcĂšs de Kafka, Fellini se rĂ©vĂšle un Ă©crivain formidable Ă la langue puissante et raffinĂ©e. On sort de ce voyage vertigineux au pays des morts abasourdi et rassĂ©rĂ©nĂ© par cette magnifique rĂ©flexion mĂ©taphorique sur l'au-delĂ . Federico Fellini est rĂ©alisateur et scĂ©nariste. Il est nĂ© Ă Rimini le 20 janvier 1920 et dĂ©cĂ©dĂ© Ă Rome le 31 octobre 1993.