Histoire de la France contemporaine - Maurice Agulhon

By Maurice Agulhon

Release Date: 2014-06-30

Genre: European History

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La RĂ©volution française n’a pas créé la nationalitĂ© française, mais elle ne l’a pas non plus dĂ©molie. La volontĂ© d’ouvrir une Ăšre nouvelle – l’An I de la LibertĂ© – n’était pas une volontĂ© de faire table rase. La majoritĂ© Ă©clairĂ©e de l’AssemblĂ©e nationale issue des Ă©tats gĂ©nĂ©raux de 1789 a d’abord acceptĂ© d’enthousiasme de garder Louis XVI Ă  la tĂȘte de l’État et le catholicisme comme religion officielle. Il ne tenait qu’au roi d’accepter des innovations qui n’avaient rien encore des caractĂšres qu’elles devaient prendre en l’An II. Le fait qu’il n’ait pas acceptĂ© est un aspect dĂ©cisif, bien que trop peu analysĂ©, des choses. Car si l’on n’ignore plus rien des idĂ©ologies radicales, et peut-ĂȘtre potentiellement tyranniques, de Rousseau et de ses Ă©mules, on omet trop de considĂ©rer que la tĂȘte de Louis XVI, aprĂšs tout, n’était pas vide d’idĂ©ologie. 1789 n’est donc pas le point d’origine de notre schisme idĂ©ologique. C’est le point d’origine des formes politiques violentes que ce schisme a revĂȘtues ou suscitĂ©es. Or lĂ  encore, dans la quĂȘte de responsabilitĂ© qui fonde les jugements de valeur, le choix du roi me paraĂźt dĂ©cisif : le combat engagĂ© contre une RĂ©volution encore toute pacifique est aux origines de l’enchaĂźnement des violences. La guerre et la Terreur me paraissent moins programmĂ©es dans un hyperrationalisme qui serait inhĂ©rent Ă  l’idĂ©ologie jacobine que rĂ©sultant du grand refus que les dominants d’alors opposĂšrent Ă  l’Avenir et Ă  la LibertĂ©.

Histoire de la France contemporaine - Maurice Agulhon

By Maurice Agulhon

Release Date: 2014-06-30

Genre: European History

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La RĂ©volution française n’a pas créé la nationalitĂ© française, mais elle ne l’a pas non plus dĂ©molie. La volontĂ© d’ouvrir une Ăšre nouvelle – l’An I de la LibertĂ© – n’était pas une volontĂ© de faire table rase. La majoritĂ© Ă©clairĂ©e de l’AssemblĂ©e nationale issue des Ă©tats gĂ©nĂ©raux de 1789 a d’abord acceptĂ© d’enthousiasme de garder Louis XVI Ă  la tĂȘte de l’État et le catholicisme comme religion officielle. Il ne tenait qu’au roi d’accepter des innovations qui n’avaient rien encore des caractĂšres qu’elles devaient prendre en l’An II. Le fait qu’il n’ait pas acceptĂ© est un aspect dĂ©cisif, bien que trop peu analysĂ©, des choses. Car si l’on n’ignore plus rien des idĂ©ologies radicales, et peut-ĂȘtre potentiellement tyranniques, de Rousseau et de ses Ă©mules, on omet trop de considĂ©rer que la tĂȘte de Louis XVI, aprĂšs tout, n’était pas vide d’idĂ©ologie. 1789 n’est donc pas le point d’origine de notre schisme idĂ©ologique. C’est le point d’origine des formes politiques violentes que ce schisme a revĂȘtues ou suscitĂ©es. Or lĂ  encore, dans la quĂȘte de responsabilitĂ© qui fonde les jugements de valeur, le choix du roi me paraĂźt dĂ©cisif : le combat engagĂ© contre une RĂ©volution encore toute pacifique est aux origines de l’enchaĂźnement des violences. La guerre et la Terreur me paraissent moins programmĂ©es dans un hyperrationalisme qui serait inhĂ©rent Ă  l’idĂ©ologie jacobine que rĂ©sultant du grand refus que les dominants d’alors opposĂšrent Ă  l’Avenir et Ă  la LibertĂ©.

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