La crise de la zone euro a provoquĂ© une chute sans prĂ©cĂ©dent de lâactivitĂ© et de lâemploi dans beaucoup de pays : Espagne, Portugal, GrĂšce, Irlande ; elle menace dĂ©sormais lâItalie et la France. Elle implique les Ătats, les banques, les entreprises et les mĂ©nages, les investisseurs institutionnels. Elle inquiĂšte les Ătats- Unis, la Chine. Comment en sommes-nous arrivĂ©s lĂ ? Et quelles solutions durables peut-on envisager ? La crise â et cela est mal connu â est avant tout une crise des dĂ©ficits extĂ©rieurs et des dettes extĂ©rieures liĂ©es Ă lâhĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© croissante de la zone euro. Certains pays, qui se sont fortement dĂ©sindustrialisĂ©s, nâont plus la capacitĂ© dâĂ©quilibrer leurs comptes extĂ©rieurs et nâarrivent plus Ă se financer. Loin de corriger ces dĂ©sĂ©quilibres, les gouvernements et les autoritĂ©s europĂ©ennes ont commis des erreurs dâapprĂ©ciation et adoptĂ© des remĂšdes inadaptĂ©s. Lâobsession de la rigueur a conduit Ă de graves crises politiques et sociales. Pour sortir durablement de la crise, la zone euro a besoin de nouvelles institutions. Sans fĂ©dĂ©ralisme, lâhĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© reste insupportable, car elle ne peut ĂȘtre corrigĂ©e que par un profond appauvrissement des pays en difficultĂ©. Le retour inĂ©vitable des crises de liquiditĂ© nĂ©cessite aussi la crĂ©ation dâun mĂ©canisme de soutien fondĂ© sur la crĂ©ation monĂ©taire.LâEurope est Ă un tournant de son histoire ; mais les dĂ©bats prĂ©sents montrent que ces Ă©volutions institutionnelles ne sont pas acceptĂ©es de tous. Patrick ARTUS est Directeur des Ă©tudes Ă©conomiques et de la recherche de Natixis, Professeur associĂ© Ă lâUniversitĂ© Paris 1 PanthĂ©on â Sorbonne, membre du Conseil dâanalyse Ă©conomique auprĂšs du Premier ministre et du Cercle des Ă©conomistes. Il est lâauteur de nombreux livres, dont rĂ©cemment La France sans ses usines (avec M.-P. Virard) aux Ă©ditions Fayard. Isabelle GRAVET est Professeure de Sciences Ă©conomiques et sociales Ă lâInstitution des Chartreux Ă Lyon, chargĂ©e de cours Ă lâUniversitĂ© de Lyon II.
La crise de la zone euro a provoquĂ© une chute sans prĂ©cĂ©dent de lâactivitĂ© et de lâemploi dans beaucoup de pays : Espagne, Portugal, GrĂšce, Irlande ; elle menace dĂ©sormais lâItalie et la France. Elle implique les Ătats, les banques, les entreprises et les mĂ©nages, les investisseurs institutionnels. Elle inquiĂšte les Ătats- Unis, la Chine. Comment en sommes-nous arrivĂ©s lĂ ? Et quelles solutions durables peut-on envisager ? La crise â et cela est mal connu â est avant tout une crise des dĂ©ficits extĂ©rieurs et des dettes extĂ©rieures liĂ©es Ă lâhĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© croissante de la zone euro. Certains pays, qui se sont fortement dĂ©sindustrialisĂ©s, nâont plus la capacitĂ© dâĂ©quilibrer leurs comptes extĂ©rieurs et nâarrivent plus Ă se financer. Loin de corriger ces dĂ©sĂ©quilibres, les gouvernements et les autoritĂ©s europĂ©ennes ont commis des erreurs dâapprĂ©ciation et adoptĂ© des remĂšdes inadaptĂ©s. Lâobsession de la rigueur a conduit Ă de graves crises politiques et sociales. Pour sortir durablement de la crise, la zone euro a besoin de nouvelles institutions. Sans fĂ©dĂ©ralisme, lâhĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© reste insupportable, car elle ne peut ĂȘtre corrigĂ©e que par un profond appauvrissement des pays en difficultĂ©. Le retour inĂ©vitable des crises de liquiditĂ© nĂ©cessite aussi la crĂ©ation dâun mĂ©canisme de soutien fondĂ© sur la crĂ©ation monĂ©taire.LâEurope est Ă un tournant de son histoire ; mais les dĂ©bats prĂ©sents montrent que ces Ă©volutions institutionnelles ne sont pas acceptĂ©es de tous. Patrick ARTUS est Directeur des Ă©tudes Ă©conomiques et de la recherche de Natixis, Professeur associĂ© Ă lâUniversitĂ© Paris 1 PanthĂ©on â Sorbonne, membre du Conseil dâanalyse Ă©conomique auprĂšs du Premier ministre et du Cercle des Ă©conomistes. Il est lâauteur de nombreux livres, dont rĂ©cemment La France sans ses usines (avec M.-P. Virard) aux Ă©ditions Fayard. Isabelle GRAVET est Professeure de Sciences Ă©conomiques et sociales Ă lâInstitution des Chartreux Ă Lyon, chargĂ©e de cours Ă lâUniversitĂ© de Lyon II.