A lâhumanitĂ© conquĂ©rante de la modernitĂ© succĂšde aujourdâhui une humanitĂ© victimaire. La promesse des LumiĂšres et de la RĂ©volution, un monde meilleur dĂ©barrassĂ© du fatalisme et du fanatisme, accouche dâune sociĂ©tĂ© du sanglot. Le souci des humiliĂ©s, telle est la grandeur de la civilisation. La victimisation comme chantage sur autrui et pathologie de la reconnaissance, tel est lâenvers de ce progrĂšs. La souffrance est devenue paradoxalement, dans lâOccident hĂ©doniste, un nouveau sacrĂ© qui mĂ©duse. Chacun, riche ou pauvre, homme ou femme, brandit son brevet de malĂ©diction, qui lâĂ©lĂšve au-dessus de ses semblables. Ce dolorisme mĂątinĂ© dâaigreur valorise la figure du martyr et alimente ces deux grandes passions que sont le ressentiment et la vengeance. Les heureux et les puissants veulent eux aussi appartenir Ă lâaristocratie de la marge et former de nouvelles castes de dĂ©chus, au dĂ©triment des vrais malheureux. Partout fleurit la posture du paria, le narcissisme de la sĂ©cession et la concurrence victimaire. CajolĂ©es, Ă©levĂ©es dans la peur et la susceptibilitĂ©, les jeunes gĂ©nĂ©rations seront-elles capables dâaffronter le monde chaotique qui est le nĂŽtre, marquĂ© par le retour de la guerre, lâhyper violence, le terrorisme islamiste et les catastrophes naturelles ?
A lâhumanitĂ© conquĂ©rante de la modernitĂ© succĂšde aujourdâhui une humanitĂ© victimaire. La promesse des LumiĂšres et de la RĂ©volution, un monde meilleur dĂ©barrassĂ© du fatalisme et du fanatisme, accouche dâune sociĂ©tĂ© du sanglot. Le souci des humiliĂ©s, telle est la grandeur de la civilisation. La victimisation comme chantage sur autrui et pathologie de la reconnaissance, tel est lâenvers de ce progrĂšs. La souffrance est devenue paradoxalement, dans lâOccident hĂ©doniste, un nouveau sacrĂ© qui mĂ©duse. Chacun, riche ou pauvre, homme ou femme, brandit son brevet de malĂ©diction, qui lâĂ©lĂšve au-dessus de ses semblables. Ce dolorisme mĂątinĂ© dâaigreur valorise la figure du martyr et alimente ces deux grandes passions que sont le ressentiment et la vengeance. Les heureux et les puissants veulent eux aussi appartenir Ă lâaristocratie de la marge et former de nouvelles castes de dĂ©chus, au dĂ©triment des vrais malheureux. Partout fleurit la posture du paria, le narcissisme de la sĂ©cession et la concurrence victimaire. CajolĂ©es, Ă©levĂ©es dans la peur et la susceptibilitĂ©, les jeunes gĂ©nĂ©rations seront-elles capables dâaffronter le monde chaotique qui est le nĂŽtre, marquĂ© par le retour de la guerre, lâhyper violence, le terrorisme islamiste et les catastrophes naturelles ?