Câest pour lâesprit humain, en mĂȘme temps quâune dangereuse cause dâorgueil, une grande inquiĂ©tude que de ne pas savoir pourquoi la crĂ©ation sâest arrĂȘtĂ©e Ă lâhomme. Car aprĂšs tout il nây avait pas de raison pour que Dieu, ayant travaillĂ© six jours, se reposĂąt le septiĂšme. Il aurait pu tout aussi bien continuer toute une dĂ©cade, et mĂȘme plus longtemps encore. Il aurait pu, dans ces jours subsĂ©quents, perfectionner nos premiers parents, leur donner des ailes, par exemple, ou leur permettre de vivre dans lâeau Ă lâaide de branchiesâŻ; il aurait pu les doter dâun appareil moral tel quâils nâeussent jamais succombĂ© aux ruses du dĂ©monâŻ; ou les faire beaucoup plus intelligents, de telle façon quâayant distinguĂ© ces ruses, ils eussent Ă©tĂ© encore plus coupables de sây laisser prendre. Il aurait pu aussi inventer un surhomme, en laissant lâhomme Ă lâĂ©tat de simple Ă©bauche ou dâessai, comme lâornithorynque ou le ptĂ©rodactyle. Mais il ne le fit point. Ătant toute raison, il devait avoir une raison, mais jusquâĂ ce jour on ignorait celle-ci. Toutefois le Pogge avait dĂ©couvert Ă Constance, Ă moins que ce ne soit en Angleterre, on nâest pas bien fixĂ© lĂ -dessus, un manuscrit qui prĂ©tendait jeter quelques lueurs sur ce problĂšme. Mais comme il nâavait guĂšre souci que des ouvrages de lâantiquitĂ© classique, il nây prĂȘta aucune attention. ĂgarĂ© une seconde fois, ce manuscrit nâa Ă©tĂ© retrouvĂ© que de nos jours chez un notaire italien qui en avait dĂ©tachĂ© les feuillets de parchemin pour en faire des chemises de dossierâŻ; et jâavoue quâil existe encore des doutes sur la date exacte de sa composition. Selon certains Ă©pigraphistes, il serait dĂ» au Pogge lui-mĂȘme, qui se plaisait, on le sait, Ă ces supercheries littĂ©raires.
Câest pour lâesprit humain, en mĂȘme temps quâune dangereuse cause dâorgueil, une grande inquiĂ©tude que de ne pas savoir pourquoi la crĂ©ation sâest arrĂȘtĂ©e Ă lâhomme. Car aprĂšs tout il nây avait pas de raison pour que Dieu, ayant travaillĂ© six jours, se reposĂąt le septiĂšme. Il aurait pu tout aussi bien continuer toute une dĂ©cade, et mĂȘme plus longtemps encore. Il aurait pu, dans ces jours subsĂ©quents, perfectionner nos premiers parents, leur donner des ailes, par exemple, ou leur permettre de vivre dans lâeau Ă lâaide de branchiesâŻ; il aurait pu les doter dâun appareil moral tel quâils nâeussent jamais succombĂ© aux ruses du dĂ©monâŻ; ou les faire beaucoup plus intelligents, de telle façon quâayant distinguĂ© ces ruses, ils eussent Ă©tĂ© encore plus coupables de sây laisser prendre. Il aurait pu aussi inventer un surhomme, en laissant lâhomme Ă lâĂ©tat de simple Ă©bauche ou dâessai, comme lâornithorynque ou le ptĂ©rodactyle. Mais il ne le fit point. Ătant toute raison, il devait avoir une raison, mais jusquâĂ ce jour on ignorait celle-ci. Toutefois le Pogge avait dĂ©couvert Ă Constance, Ă moins que ce ne soit en Angleterre, on nâest pas bien fixĂ© lĂ -dessus, un manuscrit qui prĂ©tendait jeter quelques lueurs sur ce problĂšme. Mais comme il nâavait guĂšre souci que des ouvrages de lâantiquitĂ© classique, il nây prĂȘta aucune attention. ĂgarĂ© une seconde fois, ce manuscrit nâa Ă©tĂ© retrouvĂ© que de nos jours chez un notaire italien qui en avait dĂ©tachĂ© les feuillets de parchemin pour en faire des chemises de dossierâŻ; et jâavoue quâil existe encore des doutes sur la date exacte de sa composition. Selon certains Ă©pigraphistes, il serait dĂ» au Pogge lui-mĂȘme, qui se plaisait, on le sait, Ă ces supercheries littĂ©raires.