⊠CâĂ©tait une prĂ©sence. Je le sentais prĂšs de moi, depuis quelques jours. Invisible et bienveillant, il planait, frĂŽlait, enveloppait. Au fond, je nâignorais pas quâil dĂ»t arriver. Chaque annĂ©e, tĂŽt ou tard, il vient, mais je ne sais comment, câest toujours par surprise, et il est si fort, avec son air trĂšs doux, quâil vous Ă©crase. Les gens font ce quâils peuvent pour sâoccuper dâautre chose ; il y a des grĂšves, il y a des rĂ©volutions, il y a des armĂ©es en marche et des bateaux dâacier qui bougent. On voudrait croire que câest lâimportant, on ne saurait ; on sent dans tout son corps que tout cela nâest quâune apparence : la vĂ©ritĂ©, la seule vĂ©ritĂ© Ă laquelle on pense, câest quâil est revenu. Je vous parle du printemps.
⊠CâĂ©tait une prĂ©sence. Je le sentais prĂšs de moi, depuis quelques jours. Invisible et bienveillant, il planait, frĂŽlait, enveloppait. Au fond, je nâignorais pas quâil dĂ»t arriver. Chaque annĂ©e, tĂŽt ou tard, il vient, mais je ne sais comment, câest toujours par surprise, et il est si fort, avec son air trĂšs doux, quâil vous Ă©crase. Les gens font ce quâils peuvent pour sâoccuper dâautre chose ; il y a des grĂšves, il y a des rĂ©volutions, il y a des armĂ©es en marche et des bateaux dâacier qui bougent. On voudrait croire que câest lâimportant, on ne saurait ; on sent dans tout son corps que tout cela nâest quâune apparence : la vĂ©ritĂ©, la seule vĂ©ritĂ© Ă laquelle on pense, câest quâil est revenu. Je vous parle du printemps.